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Institutions

Procuration pour une élection en Belgique : mode d'emploi

Voter par procuration en Belgique : les sept motifs admis, le justificatif à fournir, qui peut être mandataire, les délais et les gestes du jour du scrutin.

ParCamille6 min de lecture

La loi belge admet le vote par procuration dans sept situations : maladie, raisons professionnelles, activité d'indépendant ou de batelier, détention, convictions religieuses, études, séjour temporaire à l'étranger. Le mandant remplit un formulaire accompagné d'un justificatif, et son mandataire vote deux fois : pour lui-même d'abord, pour le mandant ensuite.

Le reste est affaire de pièces, de signatures et de dates. C'est là que les procurations se perdent.

Illustration éditoriale neutre : des électeurs font la file devant un bureau de vote, avec une enveloppe de convocation et un calendrier
Voter par procuration reste voter : la convocation et le calendrier comptent autant que le bulletin.

Le vote par procuration est-il autorisé en Belgique ?

Oui, et la Constitution l'a prévu. Son article 62 pose que « le vote est obligatoire et secret » et qu'il « a lieu à la commune, sauf les exceptions à déterminer par la loi ». La procuration est l'une de ces exceptions, encadrée par le Code électoral et détaillée par le SPF Intérieur sur elections.fgov.be.

Le secret du vote n'en souffre pas : le mandataire dépose le bulletin du mandant, sans que personne ne sache ce qui a été choisi. Le sujet de l'obligation elle-même, et du débat qu'elle suscite, est traité dans notre comparatif du vote obligatoire.

Dans quels cas peut-on voter par procuration ?

Sept, et la liste est fermée. Une envie de ne pas se déplacer ne suffit pas.

Chaque motif appelle sa pièce, délivrée par une autorité distincte, et son propre délai. Le tableau ci-dessous rassemble les sept cas tels que les décrivent le SPF Intérieur et Infor Jeunes.

MotifJustificatifQui le délivreDélai pour régler la procuration
Maladie ou infirmitécertificat médical avec numéro INAMImédecinjusqu'au jour du scrutin
Raisons professionnelles ou de serviceattestation de l'employeuremployeurjusqu'au jour du scrutin
Indépendant, batelier, vendeur ambulantcertificatbourgmestrejusqu'à la veille du scrutin
Détention judiciaireattestationdirection de l'établissementjusqu'au jour du scrutin
Convictions religieuses ou philosophiquesattestationautorité religieusejusqu'au jour du scrutin
Étudescertificatétablissement d'enseignementjusqu'au jour du scrutin
Séjour temporaire à l'étranger, vacances comprisescertificat ou déclaration sur l'honneurbourgmestrejusqu'à la veille du scrutin

Deux motifs, le travail indépendant et le séjour à l'étranger, se bouclent donc au plus tard la veille, alors que les cinq autres tolèrent un imprévu le jour même. La maladie survenue le samedi soir reste couverte. Le départ en week-end, non.

Qui peut être mandataire, et combien de procurations peut-il porter ?

N'importe quel autre électeur, à une condition de fond et une limite de nombre.

La condition : le mandataire doit lui-même être électeur pour le scrutin concerné. Un résident européen non belge, qui ne vote pas pour la Chambre, ne peut donc pas y représenter quelqu'un, d'après les règles rappelées par le SPF Intérieur. La limite : un mandataire ne reçoit qu'une seule procuration, pour éviter qu'une personne ne cumule les voix d'un entourage entier. Quand plusieurs proches d'une même famille s'absentent, il faut autant de mandataires que d'absents.

Les mineurs ne peuvent évidemment pas l'être.

Comment faire une procuration, étape par étape

La démarche tient en cinq gestes, du plus tôt au plus tard.

  1. Choisir son mandataire et s'assurer qu'il n'a pas déjà accepté une autre procuration.
  2. Obtenir le justificatif correspondant au motif : certificat médical, attestation de l'employeur, de l'établissement ou de l'autorité religieuse, ou certificat du bourgmestre.
  3. Remplir le formulaire de procuration, que le mandant et le mandataire signent tous les deux. Il se télécharge sur elections.fgov.be ou se retire à la commune.
  4. Joindre le justificatif au formulaire et le remettre au mandataire, qui le conservera jusqu'au jour du scrutin.
  5. Respecter le délai du motif : la veille pour l'indépendant et le voyageur, le jour même pour les autres.

Le formulaire change selon la Région, et c'est un détail qui coûte du temps à ceux qui téléchargent un vieux modèle.

Que doit apporter le mandataire le jour du scrutin ?

Trois documents : le formulaire signé, sa carte d'identité et sa propre convocation, tamponnée une fois qu'il a voté pour lui-même.

Un calendrier appliqué : le scrutin du 9 juin 2024

Le dimanche 9 juin 2024, les Belges votaient pour la Chambre, les parlements régionaux et le Parlement européen. Un étudiant parti en vacances à l'étranger ce week-end-là, donc relevant du motif de séjour temporaire, devait obtenir son certificat du bourgmestre au plus tard le samedi 8 juin, comme le rappelle Infor Jeunes. Son mandataire, lui, entrait dans le bureau le dimanche avec le formulaire, sa carte d'identité et sa convocation déjà tamponnée par son propre vote.

Avec un motif de maladie, le même électeur aurait eu jusqu'au dimanche matin pour obtenir son certificat. La règle se lit mieux sur un calendrier que dans un tableau : le même dimanche, deux motifs, deux échéances.

Les points de contrôle avant de confier sa procuration

Quatre vérifications évitent l'essentiel des déconvenues :

  • le mandataire n'est pas déjà porteur d'une autre procuration ;
  • le justificatif correspond bien au motif coché sur le formulaire ;
  • le mandant et le mandataire ont tous deux signé ;
  • le mandataire sait qu'il votera d'abord pour lui-même, avec sa convocation en poche.

Et pour les communales ou pour les Belges installés à l'étranger ?

Les grandes lignes se retrouvent aux élections communales, mais les textes diffèrent d'une Région à l'autre et le formulaire est celui de la commune. Les résidents étrangers inscrits comme électeurs communaux suivent les règles de leur scrutin, présentées dans notre article sur qui peut voter aux communales. En Flandre, l'obligation de vote a été levée pour les communales, ce qui change la portée pratique de la procuration.

Pour les Belges résidant à l'étranger, le régime est distinct et passe par le poste diplomatique ou consulaire. Il mérite sa propre vérification auprès du SPF Affaires étrangères, plutôt qu'une généralisation hasardeuse ici.

Sources : SPF Intérieur, Direction des Élections, Le vote par procuration ; Constitution belge, article 62 ; Infor Jeunes, Vote papier, électronique, par procuration. Les règles décrites valent pour les scrutins fédéraux, régionaux et européens ; vérifiez toujours le formulaire et le calendrier officiels du scrutin concerné.

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Questions fréquentes

Oui, le séjour temporaire à l'étranger fait partie des sept motifs admis. Le justificatif est un certificat du bourgmestre ou, selon les sources officielles relayées par Infor Jeunes, une déclaration sur l'honneur. La démarche se fait au plus tard la veille du scrutin, soit le samedi pour un vote le dimanche.

Non. Le SPF Intérieur est net : un mandataire ne peut recevoir qu'une seule procuration. Quelqu'un que plusieurs proches sollicitent doit donc en refuser, et chaque électeur absent doit trouver son propre mandataire.

Pour le motif de maladie ou d'infirmité, oui : l'attestation d'un médecin, avec son numéro INAMI, est exigée. C'est l'un des cas où la procuration reste possible jusqu'au jour même de l'élection, ce qui couvre une maladie survenue la veille.

Le formulaire, à signer par le mandant et par le mandataire, se télécharge sur elections.fgov.be ou se retire auprès de la commune. Infor Jeunes précise que les modèles diffèrent selon la Région : mieux vaut prendre celui de la commune ou du site officiel du scrutin concerné.

Non. Il doit d'abord voter pour lui-même dans son propre bureau, puis voter pour son mandant. Le jour J, il présente le formulaire signé, sa carte d'identité et sa convocation tamponnée, qui prouve qu'il a déjà rempli son propre devoir.

Camille est politologue, diplômée en sciences politiques de l'UCLouvain. Elle a suivi trois campagnes électorales belges comme analyste et décortique depuis dix ans les programmes des partis, vote par vote. Sur Meilleur Parti Politique, elle traduit le jargon politique en comparaisons concrètes — sans jamais dire pour qui voter.